Le Nouveau Courrier http://nouveaucourrier.net La passion de l'info, le sens de l'histoire Thu, 26 Jun 2014 02:05:51 +0000 fr-FR hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.8.3 Tentative de confirmation de charges contre Gbagbo : le régime jette en prison un témoin-clé, Fatou Bensouda le couvre http://nouveaucourrier.net/tentative-de-confirmation-de-charges-contre-gbagbo-le-regime-jette-en-prison-un-temoin-cle-fatou-bensouda-le-couvre/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=tentative-de-confirmation-de-charges-contre-gbagbo-le-regime-jette-en-prison-un-temoin-cle-fatou-bensouda-le-couvre http://nouveaucourrier.net/tentative-de-confirmation-de-charges-contre-gbagbo-le-regime-jette-en-prison-un-temoin-cle-fatou-bensouda-le-couvre/#comments Sat, 19 Apr 2014 23:13:54 +0000 http://nouveaucourrier.net/?p=9608 bensouda ouattaraC’est une histoire dont le récit nous est offert par les observations de Maître Emmanuel Altit, avocat principal du président Gbagbo, qui a transmis ses observations à la Cour pénale internationale (CPI) suite à la remise, par la procureure Fatou Bensouda, de son document contenant les charges (DCC) amendé, censé combler les lacunes du DCC initial, qui avait été purement et simplement rejeté par les juges pour « preuves insuffisantes ».
C’est l’histoire de « P 44″, un des témoins-clés de Fatou Bensouda, censé accréditer la thèse selon laquelle Gbagbo est coupable de graves crimes contre l’humanité. Si l’on suit la trame de son témoignage, « P 44″ doit être un ancien membre de la « galaxie patriotique » retourné pour les besoins de la cause. Seulement, voilà ! Son témoignage est « insuffisant ». Il n’accuse pas assez Gbagbo, au point que Bensouda, dans sa synthèse, lui fait dire ce qu’il n’a pas dit en espérant que les juges, débordés par des milliers de pages de textes ardus, n’y verront que du feu. Mais Emmanuel Altit, avocat principal de Gbagbo, veille. « Comme la défense le relevait lors de l’audience de confirmation des charges, plus précisément les 22, 25, 26 et 27 février 2013, le Procureur a mésinterprété nombre de déclarations de P-44. Surtout, il a trahi le sens de ce que lui disait P-44 (…) précisant que le Président Gbagbo n’était pour rien dans la crise », indique-t-il dans ses dernières observations. Les observateurs les plus attentifs se souviennent des propos paradoxaux de P-44, drôle d’accusateur, disant que « l’entourage de Gbagbo était composé de gens du Nord » (ce qui affaiblit la thèse du « plan commun » éradicateur), que Gbagbo était rassembleur, qu’il n’a procédé à aucune discrimination, ni avant ni après les élections.
Sont-ce ces propos qui ont irrité le pouvoir Ouattara ? Une chose est sûre : P-44 a été arrêté, dans l’indifférence totale du bureau du procureur auprès de la CPI. En effet, il avait commencé par tirer la sonnette d’alarme, faisant état « de menaces pesant sur lui émanant des nouvelles Autorités ivoiriennes ».
Cyniquement, l’Accusation avait répondu que ces allégations étaient « infondées » et devaient être « rejetées ». Tout en prenant bien soin de ne pas mentionner ce problème devant la Chambre, parce qu’il fragilisait son argumentaire juridique, qui reposait en grande partie sur les propos, certes librement interprétés, de P-44. « Le Procureur a laissé emprisonner son témoin sans réagir. (…) Ce faisant, le Procureur semble avoir «couvert» une opération d’intimidation et de sanction contre un témoin qui n’avait pas obéi aux ordres des nouvelles Autorités (…). Il convient que le Procureur s’explique sur cette question très importante », affirme Maître Altit. Qui s’indigne des méthodes à travers lesquelles le bureau du procureur exerce des pressions inacceptables sur les témoins.
« Probablement conscient de la faiblesse de sa preuve et de son incapacité à trouver de nouveaux témoins utiles, le procureur tente de faire pression sur ses témoins », indique Altit. Quand un témoin ne dit pas ce qu’il veut qu’il dise, le procureur « perd patience ». Il pose à plusieurs reprises et de diverses manières les mêmes questions, tente de « souffler » des dates auxquelles certains événements sont censés s’être noués.
Philippe Brou

C’est une histoire dont le récit nous est offert par les observations de Maître Emmanuel Altit, avocat principal du président Gbagbo, qui a transmis ses observations à la Cour pénale internationale (CPI) suite à la remise, par la procureure Fatou Bensouda, de son document contenant les charges (DCC) amendé, censé combler les lacunes du DCC initial, qui avait été purement et simplement rejeté par les juges pour « preuves insuffisantes ».
C’est l’histoire de « P 44″, un des témoins-clés de Fatou Bensouda, censé accréditer la thèse selon laquelle Gbagbo est coupable de graves crimes contre l’humanité. Si l’on suit la trame de son témoignage, « P 44″ doit être un ancien membre de la « galaxie patriotique » retourné pour les besoins de la cause. Seulement, voilà ! Son témoignage est « insuffisant ». Il n’accuse pas assez Gbagbo, au point que Bensouda, dans sa synthèse, lui fait dire ce qu’il n’a pas dit en espérant que les juges, débordés par des milliers de pages de textes ardus, n’y verront que du feu. Mais Emmanuel Altit, avocat principal de Gbagbo, veille. « Comme la défense le relevait lors de l’audience de confirmation des charges, plus précisément les 22, 25, 26 et 27 février 2013, le Procureur a mésinterprété nombre de déclarations de P-44. Surtout, il a trahi le sens de ce que lui disait P-44 (…) précisant que le Président Gbagbo n’était pour rien dans la crise », indique-t-il dans ses dernières observations. Les observateurs les plus attentifs se souviennent des propos paradoxaux de P-44, drôle d’accusateur, disant que « l’entourage de Gbagbo était composé de gens du Nord » (ce qui affaiblit la thèse du « plan commun » éradicateur), que Gbagbo était rassembleur, qu’il n’a procédé à aucune discrimination, ni avant ni après les élections.
Sont-ce ces propos qui ont irrité le pouvoir Ouattara ? Une chose est sûre : P-44 a été arrêté, dans l’indifférence totale du bureau du procureur auprès de la CPI. En effet, il avait commencé par tirer la sonnette d’alarme, faisant état « de menaces pesant sur lui émanant des nouvelles Autorités ivoiriennes ». Cyniquement, l’Accusation avait répondu que ces allégations étaient « infondées » et devaient être « rejetées ».
Tout en prenant bien soin de ne pas mentionner ce problème devant la Chambre, parce qu’il fragilisait son argumentaire juridique, qui reposait en grande partie sur les propos, certes librement interprétés, de P-44. « Le Procureur a laissé emprisonner son témoin sans réagir. (…) Ce faisant, le Procureur semble avoir «couvert» une opération
d’intimidation et de sanction contre un témoin qui n’avait pas obéi aux ordres des nouvelles Autorités (…). Il convient que le Procureur s’explique sur cette question
très importante », affirme Maître Altit. Qui s’indigne des méthodes à travers lesquelles le bureau du procureur exerce des pressions inacceptables sur les témoins.
« Probablement conscient de la faiblesse de sa preuve et de son incapacité à trouver de nouveaux témoins utiles, le procureur tente de faire pression sur ses témoins », indique Altit. Quand un témoin ne dit pas ce qu’il veut qu’il dise, le procureur « perd patience ». Il pose à plusieurs reprises et de diverses manières les mêmes questions, tente de « souffler » des dates auxquelles certains événements sont censés s’être noués.

Par Philippe Brou

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CPI : les « preuves » annoncées par l’ONUCI contre Gbagbo en 2011 ont « disparu » http://nouveaucourrier.net/cpi-les-preuves-brandies-par-lonuci-contre-gbagbo-en-2011-ont-disparu/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=cpi-les-preuves-brandies-par-lonuci-contre-gbagbo-en-2011-ont-disparu http://nouveaucourrier.net/cpi-les-preuves-brandies-par-lonuci-contre-gbagbo-en-2011-ont-disparu/#comments Sat, 19 Apr 2014 23:01:02 +0000 http://nouveaucourrier.net/?p=9605 cpi gbagbo

Les hauts fonctionnaires de l’hôtel Sébroko juraient, il y a trois, la main sur le cœur, qu’ils disposaient d’éléments inattaquables contre le président Gbagbo, notamment à propos du prétendu bombardement du « marché d’Abobo » par les FDS. Aujourd’hui qu’il est question de remettre ces « preuves » à Fatou Bensouda, ils disparaissent de la circulation. Et s’ils avaient tout simplement menti à l’opinion internationale ? Explications.

Désormais aux abonnés absents, et pourtant ! Durant toute la guerre postélectorale, l’ONUCI, résolument rangée aux côtés du camp Ouattara, et le soutenant à la fois politiquement, médiatiquement et militairement, a fait un certain nombre de déclarations et émis des accusations claires contre le président Gbagbo et les Forces de défense et de sécurité. L’ONUCI a prétendu disposer de preuves matérielles accablant contre celui qu’elle voulait voir tomber.

C’est tout naturellement que les observateurs s’attendaient à voir ces éléments dans le dossier de la procureure Fatou Bensouda, d’autant plus que la Cour pénale internationale (CPI) est une émanation de l’ONU, et particulièrement du Conseil de sécurité, à qui le statut de Rome donne quasiment le statut de « grand patron ».

Au final, quasiment aucun élément solide provenant de l’ONUCI ne figure dans le dossier de Fatou Bensouda, qui a pourtant été remanié après avoir été retoqué par les juges de la Chambre préliminaire I pour preuves insuffisantes. « Concernant l’ONUCI, [le procureur] n’aura semble-t-il interrogé pendant ses trois ans d’enquête que trois fonctionnaires de rang subalterne. Toujours concernant l’ONUCI, ses contingents étaient sur le terrain, ses représentants participaient aux manœuvres diplomatiques lancées dès avant les élections et les rapports, certainement très intéressants, que le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies transmettait régulièrement à New York auraient permis, si le Procureur les avait présentés, de mieux comprendre la réalité », s’étonne Maître Emmanuel Altit.

Grand enfumage

Les représentants de la Maison de Verre à Abidjan n’ont-ils pas été sollicités ? Impossible. N’ont-ils pas voulu donner certains des éléments dont ils disposent ? Peut-être. Ont-ils, par le passé, procédé à un « grand enfumage » et proclamé avoir des preuves qui n’existaient pas pour mieux obtenir des résolutions de plus en plus musclées et faire tomber Gbagbo ? Certaines archives qu’il est aujourd’hui bon d’exhumer accréditent cette thèse.

La première d’entre elles est un communiqué produit par l’ONUCI le 17 mars 2011, jour du prétendu bombardement du marché Siaka Koné d’Abobo. Un communiqué affirmant ceci : « L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) a dépêché jeudi après-midi, une patrouille robuste accompagnée d’experts des droits l’homme pour s’enquérir de la situation à Abobo où il avait été fait état de tirs à l’arme lourde sur le marché local. L’équipe sur place a pu observer que des forces armées du camp du président Gbagbo ont tiré au moins six projectiles sur le marché et ses environs causant la mort de 25 à 30 personnes et faisant entre 40 et 60 blessés. L’ONUCI exprime son indignation devant de telles atrocités contre des civils innocents. Les auteurs de ces exactions, qui constituent des violations flagrantes des droits de l’homme, ne sauraient rester impunis. L’ONUCI se réserve le droit de prendre les mesures appropriées pour prévenir, à l’avenir, de tels actes inacceptables, conformément à son mandat de protection des populations civiles ».

Le lendemain, l’ONUCI récidive et écrit : « L’examen par l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) des projectiles tirés jeudi après-midi au marché d’Abobo et dans ses environs lui permet de confirmer qu’il s’agissait d’obus de mortiers de 81 mm. Les forces de sécurité du camp du Président Gbagbo ont tiré les obus à partir d’un camp militaire faisant une centaine de victimes (tués et blessés confondus). Un tel acte contre des civils pourrait constituer un crime contre l’humanité. L’ONUCI réitère qu’elle se réserve le droit de prendre des mesures appropriées en vue d’assurer la protection des civils, conformément à son mandat ».

Où sont passés les rapports des experts ?

Trois ans plus tard, le président Gbagbo se trouve à la CPI. Mais ni le rapport des experts des droits de l’homme prétendument envoyé, ni les photos qu’ils ont pu prendre, ni l’étude balistique qui avait soi disant conclu que des obus de mortiers de 81 mm avaient été tiré, ni les projectiles en eux-mêmes, ne se trouvent dans le dossier de Fatou Bensouda. L’ONUCI serait-elle « pro-Gbagbo » ? Ces éléments mystérieux se trouvent-ils, comme la boîte noire de l’avion de l’ex-président rwandais Juvénal Habyarimana, dans le tiroir d’un bureau de la Maison de Verre ? Ou alors n’existent-ils tout simplement pas ? On est en face d’un véritable scandale international !

Ce qui en rajoute à la confusion – ou à la comédie de mauvais goût -, c’est que la procureure Fatou Bensouda et les « experts » désormais invisibles de l’ONUCI ne sont même pas d’accord sur la nature des obus qui seraient tombés sur le marché d’Abobo. Si ce que l’on déduit des interrogatoires de Fatou Bensouda est qu’il s’agissait d’obus de mortiers de 120 mm, les « expertises » d’il y a trois ans évoquaient des obus de mortiers de 81 mm. Il y a un hic ! D’autant plus que selon la déposition à la CPI de l’ancien ministre de la Défense Alain Dogou et celle d’un témoin dont l’identité a été « expurgée », il n’y avait pas d’obus de mortiers de 81 mm au camp commando d’Abobo ! Pour se donner de la contenance, Fatou Bensouda a fait appel à un expert non inscrit sur la liste officielle des experts de la CPI, et qui se contente, dans ses conclusions suite à une analyse de probables impacts de projectiles (plus de deux ans plus tard en effet) qu’il est « possible » ou « probable » que la thèse avancée par la procureure soit vraie. Aucune affirmation, aucune certitude scientifique !

La rétention d’informations – ou le refus de Bensouda de solliciter des informations qui pourraient contredire sa thèse et mettre la pression sur ses amis du camp Ouattara – ne s’arrête pas là. Les rapports de l’ONUCI ne sont livrés qu’au compte-gouttes. Les très importants rapports du « call center » qui centralisait les appels au secours (et qui auraient pu constituer une photographie assez intéressante des mouvements de panique et des accusations émises par les populations) ne figurent pas dans le dossier.

La France n’a pas donné de preuve contre Gbagbo à Fatou Bensouda

En novembre 2013, le périodique La Lettre du Continent écrivait que Fatou Bensouda, procureure auprès de la CPI, « aurait, entre autres, approché le ministre français de la Défense pour muscler son dossier » et faire rendre gorge à Gbagbo. Les documents qui viennent d’être rendus publics par la CPI indiquent en tout cas qu’elle n’a rien obtenu de concluant dans cette quête. « Concernant les Autorités françaises, rien ne semble avoir été fait. Un tel manque est d’autant plus stupéfiant que les forces françaises étaient présentes le long de la zone de confiance délimitant le Nord – sous contrôle rebelle –, du Sud – sous contrôle gouvernemental – et à Abidjan 19, qu’elles semblent avoir joué un rôle important dans l’organisation et la mise en œuvre de l’offensive rebelle vers le Sud en mars 201120, que ce sont les forces françaises qui ont réduit les points de défense des forces gouvernementales à Abidjan, que l’assaut de la résidence présidentielle a été lancé par les commandos français, etc. Pendant toute la crise postélectorale, les diplomates français étaient à la manœuvre pour soutenir Alassane Ouattara et convaincre les représentants de la communauté internationale d’abandonner le Président Gbagbo. Dans ces conditions, il est incompréhensible que le Procureur n’ait pas demandé aux Autorités françaises les informations dont elles disposent qui auraient permis d’éclairer les Juges et de révéler la vérité sur ces évènements. (…) Le Procureur a tellement craint de montrer le rôle des Autorités françaises qu’il s’est interdit de leur demander des informations, pourtant essentielles, dont elles seules disposent. Passer sous silence le rôle des Autorités françaises dans l’histoire récente de la Côte d’Ivoire et lors de la crise post-électorale, c’est exactement comme passer sous silence le rôle de la Chine et des Etats-Unis lors de la guerre de Corée », fait ainsi remarquer Maître Emmanuel Altit, avocat de la Défense, dans ses observations.

Philippe Brou

 

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Nouvelle tentative de confirmation des charges contre Gbagbo – Encore des éléments falsifiés dans le dossier de Fatou Bensouda http://nouveaucourrier.net/nouvelle-tentative-de-confirmation-des-charges-contre-gbagbo-encore-des-elements-falsifies-dans-le-dossier-de-fatou-bensouda/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=nouvelle-tentative-de-confirmation-des-charges-contre-gbagbo-encore-des-elements-falsifies-dans-le-dossier-de-fatou-bensouda http://nouveaucourrier.net/nouvelle-tentative-de-confirmation-des-charges-contre-gbagbo-encore-des-elements-falsifies-dans-le-dossier-de-fatou-bensouda/#comments Tue, 15 Apr 2014 21:39:09 +0000 http://nouveaucourrier.net/?p=9601 Des centaines de pages précieuses. La transmission à la presse du nouveau document contenant les charges rédigé par Fatou Bensouda par l’affaire Gbagbo, et des observations de Maître Emmanuel Altit, apporte des éléments qui, paradoxalement, n’accablent pas l’accusé mais le procureur et le pouvoir ivoirien. Qui pourraient bien avoir concocté de faux documents administratifs pour donner de la substance à leurs accusations !

Fatou Bensouda au piège de faux grossiers concoctés dans les officines du régime.

Fatou Bensouda au piège de faux grossiers concoctés dans les officines du régime.

Cartes sur table ! Hier, les services de communication de la Cour pénale internationale (CPI) ont transmis à la presse les soumissions par la défense de ses observations écrites sur la preuve du procureur dans le cadre de l’affaire qui l’oppose au président Gbagbo. Ainsi que la soumission de l’inventaire amendé des éléments de preuve à décharge. Dans le même temps, ils ont mis à la disposition des observateurs le document amendé de notification des charges, ainsi que l’Inventaire amendé des éléments de preuve à charge.
Dans la mesure où il n’y aura pas de nouvelle audience publique de confirmation des charges, ce sont ces documents (qui s’étalent sur près de 1000 pages) qui donneront aux analystes d’entrer dans le dossier, notamment pour voir ce que Fatou Bensouda a apporté de nouveau à son premier document de notification des charges, qui a été retoqué par les juges de la Chambre préliminaire I en raison de ses insuffisances.
Un fastidieux travail d’analyse des données s’ouvre donc devant les journalistes et les spécialistes des questions de justice internationale. Le Nouveau Courrier y consacrera, bien entendu, plusieurs articles.
La première question que l’on se pose naturellement en lisant les documents mis à notre disposition par la CPI est : les preuves matérielles et médico-légales qui avaient été réclamées par les juges lors de la première audience de confirmation des charges ont-elles été, cette fois-ci, apportées par le procureur ? La réponse à cette question est : non, pas vraiment.
Plus grave, il semble manifeste – en tout cas aux yeux de la Défense qui s’est appuyée sur des éléments difficiles à contester dans le cadre de sa démonstration – qu’en voulant produire des éléments s’apparentant à ce que les juges ont demandé, le régime Ouattara et la procureure Fatou Bensouda, ont fabriqué ou recueilli des documents administratifs falsifiés ou pour le moins sujets à caution. Dans ses observations, Maître Altit éclaire un certain nombre des contradictions de ses documents avec une précision d’entomologiste.

Un homme qui est mort à deux dates différentes

En ce qui concerne les morts consécutifs à l’attaque de la RTI par les rebelles de Guillaume Soro le 16 décembre 2010, Fatou Bensouda n’arrive à obtenir qu’un seul certificat de décès. Profitant éhontément du droit qui lui est donné d’expurger ses éléments de « preuve » d’un certain nombre d’informations jugées sensibles, la procureure auprès de la CPI « biffe » le nom de la personne qui aurait rédigé le certificat de décès et la date de délivrance dudit certificat de décès. Afin d’empêcher la Défense de contre-enquêter pour vérifier la véracité de ce document ? Peut-être. Une chose est sûre : sur cet unique cas documenté relatif au 16 décembre 2010, le certificat de décès situe la mort du « manifestant RDR » au mois de décembre 2010, tandis que la fiche de sortie de la morgue la situe au… 11 janvier 2011. Un document transmis à la Défense « semble avoir été fabriqué à partir de deux documents différents superposés pour obtenir une photocopie transmise à la défense par le Procureur comme photocopie d’un document original », s’indigne Maître Emmanuel Altit. Le métier de faussaire n’est pas à la portée du premier venu…

Les documents douteux des « mortes de la marche des femmes d’Abobo »

Les documents fournis par Fatou Bensouda, qui n’ont pu lui être transmis que par le régime Ouattara, sur les « mortes d’Abobo », sont eux aussi particulièrement problématiques. Cinq certificats de décès – rédigés par le même médecin, mais dont l’identité est cachée à la Défense, ce qui l’empêche de contre-expertiser – sont ainsi datés du 3 mars 2011, soit le jour même de la tuerie supposée. Alors qu’un témoin qui dit les avoir reçu indique qu’ils ont été confectionnés après ce fameux 3 mars. Bizarre ! Encore plus étrange, alors que les témoins du procureur disent que les « mortes d’Abobo » ont été transportées dans un hôpital précis, aucun des certificats de décès qui sont brandis par l’Accusation n’ont été délivrés par ledit hôpital. Deux d’entre eux l’ont même été par un tout autre établissement hospitalier ! « Il est d’usage que le médecin légiste établissant un certificat de décès y indique non seulement la date présumée du décès mais aussi la date à laquelle, d’après lui, la mort a réellement eu lieu, tout en expliquant quelles seraient, d’après lui, les causes de la mort et en présentant un état du corps. Or, sur aucun des certificats présentés par le Procureur, il n’y a de véritable explication ni de véritable diagnostic porté par le médecin. Rien sur la date réelle de la mort. Rien non plus sur les causes de la mort. Normalement, tout médecin légiste est capable de déterminer, en analysant les blessures des victimes, quel aurait été le type d’armes qui aurait été la cause de la mort », s’étonne Maître Emmanuel Altit. Il s’en étonne d’autant plus qu’il n’y a pas eu d’autopsie, ce qui est pourtant obligatoire en de telles circonstances. Pour aggraver son cas, Fatou Bensouda a produit un permis d’inhumer signé par un médecin, alors que la loi ivoirienne est claire. Le permis d’inhumer est délivré par l’Officier de l’état civil de la mairie du lieu de décès… Tout permis d’inhumer signé d’un médecin est donc forcément un faux grossier !
L’on savait déjà que la plupart des victimes avaient été inhumées par les soins du RDR dans une sorte de fosse commune vite fait, plusieurs mois après le renversement du président Gbagbo (la situation était donc relativement apaisée à Abidjan et des cérémonies impliquant leurs familles auraient pu avoir lieu). L’on apprend désormais, avec les nouveaux documents qui sont rendus publics, que « d’après un rapport établi par un expert du Procureur, et intégré par la défense à son inventaire de preuve en février 2013, le corps de l’une de ces deux victimes aurait été transporté directement du lieu de l’incident à la forêt de Banco où il aurait été enterré ». Cela ressemble bien à une dissimulation d’un corps « parlant », portant des indices pouvant mettre en cause ceux qui l’ont fait disparaître.

Philippe Brou

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A propos de Gbagbo qui serait un faux anticolonialiste… [Par Théophile Kouamouo] http://nouveaucourrier.net/a-propos-de-gbagbo-qui-serait-un-faux-anticolonialiste-par-theophile-kouamouo/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=a-propos-de-gbagbo-qui-serait-un-faux-anticolonialiste-par-theophile-kouamouo http://nouveaucourrier.net/a-propos-de-gbagbo-qui-serait-un-faux-anticolonialiste-par-theophile-kouamouo/#comments Sun, 26 Jan 2014 17:11:50 +0000 http://nouveaucourrier.net/?p=9550

gbagboC’est la dernière idéologie de contrebande financée à grands frais par les hommes qui nous gouvernent, conscients des impostures qui ont jalonné leurs différents parcours, et bien décidés à les effacer en payant sans mégoter les diverses opérations de propagande destinées à les « blanchir ».

Une poignée d’activistes, armés de leurs diplômes d’universitaires ou de leur statut de « journalistes internationaux », ont manifestement été appointés pour nous faire « gober » deux thèses. Premièrement, Gbagbo mentirait au monde entier en faisant croire qu’il est un anticolonialiste opposé à l’impérialisme français en Côte d’Ivoire. Deuxièmement, il mentirait au monde entier en disant qu’il est un panafricain. A l’appui de leur démonstration, ils rabâchent un certain nombre de faits, réels ou prétendus, qui semblent sortis tout droit de fiches fournies par on ne sait qui – même si l’on a quelque idée à ce sujet.

Gbagbo ne serait pas un anticolonialiste tout simplement parce qu’il aurait concédé des marchés à des entreprises françaises. De plus, il aurait lui-même avoué que la France lui avait apporté de l’aide après l’éclatement de la rébellion du 19 septembre 2002. Ces deux pauvres arguments qui ont été répétés ad nauseum ne valent pourtant pas tripette. Et on peut déjà dire, sans être prophète, qu’ils ne feront pas carrière.

Ce n’est pas Gbagbo qui a attaqué la France, c’est la France qui a attaqué Gbagbo

Gbagbo n’a pas sollicité les suffrages de ses concitoyens en leur promettant de dépouiller les Français de tout ce qu’ils possédaient en Côte d’Ivoire. Il s’est engagé sur un programme ouvertement social-démocrate, dont les principaux points étaient l’assurance maladie universelle (AMU), l’école gratuite et obligatoire, etc… Ce n’est pas Gbagbo qui a lancé les hostilités contre la France, mais c’est la France qui a fait de lui une véritable fixation et a tout mobilisé pour avoir sa peau. La question n’est donc pas de savoir si Gbagbo est « pur » dans sa « haine » contre la France, mais de déterminer avec rigueur si la France l’a combattu, de manière perfide ou directe, dès le 19 septembre 2002, et si elle a, droite dans ses bottes, mis la Côte d’Ivoire sens dessus dessous pour arriver à ses fins. L’histoire récente nous permet de dire sans risque de nous tromper que la France a, dès le premier coup de feu rebelle, mis tout son appareil idéologique d’Etat – diplomatie, médias publics, alliés régionaux, etc – au service d’une légitimation de l’insurrection lancée depuis le Burkina Faso de Blaise Compaoré. A plusieurs reprises, elle a tout fait pour empêcher que l’armée ivoirienne reprenne Bouaké. Consciente que les rebelles ne pouvaient pas prendre Abidjan militairement – ils n’y sont guère parvenus en mars-avril 2011, malgré des appuis multiformes –, elle les a insérés au cœur de l’édifice institutionnel à Abidjan avec les accords de Linas-Marcoussis. Elle a coupé la Côte d’Ivoire en deux et a été complice du refus forcené des rebelles d’appliquer ledit accord de Linas-Marcoussis, dans son volet « désarmement ». Elle est allée jusqu’à sacrifier ses propres soldats afin de renverser Gbagbo en novembre 2004, comme le suggèrent les « trous noirs » de l’enquête sur le bombardement de Bouaké. Un tel faisceau d’indices concordants rend dérisoire toute tentative de disculper la France officielle en se servant de propos circonstanciels d’un Gbagbo qui était bien sûr – et en toute responsabilité – soucieux d’améliorer ses relations avec une irascible ancienne puissance coloniale.

Une vérité fondamentale pour les Africains

La France a juré la perte de Gbagbo, c’est un fait. Quand on sait qu’il a été l’un des plus courageux adversaires d’un système de parti unique célébré à Paris durant de longues décennies ; qu’il a, dans sa thèse de doctorat, démystifié la conférence de Brazzaville, un des mythes du gaullisme triomphant ; qu’il ne s’est jamais précipité pour transmettre les procès-verbaux des Conseils de ministres à Paris ; qu’il s’est souvent appuyé sur l’expertise ivoirienne pour négocier certains contrats économiques, notamment en ce qui concerne le fameux troisième pont d’Abidjan ; quand on sait aussi que du PS à l’UMP, de nombreux dictateurs au CV bien lourd ont toujours trouvé grâce au sein de la classe dirigeante française, et que les pires dérives du régime Ouattara glissent sur la peau des médias et du personnel politique dans l’Hexagone, on est fondé à considérer qu’il a été combattu pour les mêmes raisons que Sékou Touré, Thomas Sankara et les autres nationalistes africains l’ont été. Les petites phrases allant dans un sens contraire, assemblées comme dans une sorte de puzzle menteur, ne peuvent pas éloigner les Africains de cette vérité fondamentale.

Gbagbo ne serait pas un panafricain parce qu’alors qu’il était au pouvoir, des Burkinabés ont été tués – 15 000, nous dit le documentariste Saïd Penda, au milieu de nombreuses inexactitudes. Qui peut oser affirmer qu’une politique d’Etat visait à persécuter des Burkinabés dont le nombre a augmenté dans le Sud ivoirien pendant l’ère Gbagbo en dépit de tout ? Gbagbo est bien celui qui a fait disparaître la carte de séjour instituée par Alassane Ouattara. De plus, qui a déjà vu un pays en proie à une agression menée depuis un pays voisin, souvent par des citoyens de ce pays voisin sponsorisés par leur gouvernement, ne pas se raidir et développer un sentiment compréhensible de rejet ?

Ce que le panafricanisme est, et ce qu’il n’est pas

Le panafricain n’est pas celui qui laisse ses terroirs ancestraux assiégés par des envahisseurs armés au nom de son idéal politique.

Le panafricain n’est pas celui qui fait semblant de ne pas voir que le trop fort afflux de populations vers les zones les plus urbanisées et les moins déshéritées du continent ne pose pas de vrais problèmes politiques, sociaux et environnementaux.

Le panafricanisme, ce n’est pas l’ethnicisme transfrontalier du RDR, qui n’aime que les étrangers faisant partie des groupes ethniques de son leader, qu’ils « adorent » parce qu’il est l’un des leurs.

Le panafricanisme ne peut même pas être réduit à la tradition d’accueil d’un pays. Une Nation qui participerait à tous les coups fourrés contre la stabilité d’autres nations main dans la main avec des forces extérieures au continent et qui recueillerait « généreusement » les enfants des pays ainsi défigurés ne serait absolument pas un exemple de panafricanisme, encore moins d’un prétendu « panafricanisme concret » théorisé par des fabricants de concepts grassement rémunérés.

Le panafricanisme, c’est la construction résolue d’un espace politique et économique commun pour tous les Africains. C’est la prise de conscience de ce que l’Afrique doit résoudre elle-même par le dialogue ses différends, et non inviter les anciens maîtres à arbitrer ses querelles pour mieux se poser au centre du Grand Jeu.

Ce qui est le plus risible dans l’argumentaire poussif qui tente de « tuer » le « mythe Gbagbo » au nom d’une prétendue orthodoxie idéologique panafricaine, c’est que ceux qui le tiennent défendent par ailleurs un Alassane Ouattara arrivé au pouvoir dans les fourgons de l’armée française, qui s’est empressé de remplir à nouveau le Palais présidentiel ivoirien d’innombrables conseillers techniques français dont la loyauté va d’abord à la mère-patrie, qui séjourne tous les mois en France où il dispose d’un riche patrimoine immobilier, qui se pose en instrument de Paris au sein de la CEDEAO et prolonge la voix de son maître notamment quand un conflit commence au Mali, qui multiplie quasiment par deux le coût du « troisième pont » accordé à son ami Bouygues… Ce qui est le plus grotesque, c’est de les voir soutenir Blaise Compaoré, assassin de Thomas Sankara, président du Burkina Faso depuis 27 ans, dans son entreprise de tripatouillage de la Constitution du Burkina Faso…  Faut-il penser que pour eux, grands panafricanistes, un « pion de la France » caricatural est-il plus digne de louanges qu’un patriote africain qui a souvent louvoyé pour sa survie politique ?

L’Histoire n’est pas pressée. Elle jugera.

Théophile Kouamouo

 

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Avoirs dégélés en Suisse – Danièle Boni-Claverie fait des précisions http://nouveaucourrier.net/avoirs-degeles-en-suisse-daniele-boni-claverie-fait-des-precisions/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=avoirs-degeles-en-suisse-daniele-boni-claverie-fait-des-precisions http://nouveaucourrier.net/avoirs-degeles-en-suisse-daniele-boni-claverie-fait-des-precisions/#comments Sat, 25 Jan 2014 16:50:39 +0000 http://nouveaucourrier.net/?p=9547 Le régime Ouattara, par sa presse interposée, a tenté de faire croire que les fonds dégelés en Suisse récemment sont issus du pillage de l’économie ivoirienne du temps du président Gbagbo. Indexée, Danièle Boni Claverie est montée au créneau pour rétablir la vérité.

danièle boni-claverieL’ancienne ministre et présidente de l’Urd n’a pas du tout apprécié les extrapolations tendancieuses et déductions réductrices concernant l’affaire du dégel des avoirs de «4 pro-Gbagbo» par la république fédérale de Suisse. Elle a donc tenu à faire des précisions pour éclairer l’opinion sur cette affaire qui défraie la chronique actuellement puisqu’elle fait les choux gras de certains journaux pro-Ouattara qui accusent les concernés d’avoir pillé des ressources publiques pendant la gouvernance du président Laurent Gbagbo et de leurs avoirs soigneusement dissimulées en Suisse. Il n’en est rien, fait remarquer Boni Claverie.

En effet, dans un droit de réponse envoyé le vendredi 24 janvier 2014 par l’intermédiaire de son conseil Me Hervé Gouaméné à certains confrères sur le traitement de cette affaire, elle explique que c’est en février 2009 qu’elle a ouvert un compte bancaire en Suisse pour y déposer les fonds provenant principalement de l’héritage de son défunt mari, «la législation française ne lui permettant pas d’ouvrir un tel compte en France puisqu’elle n’y réside pas de façon continue». Le 27 mai 2011, Boni Claverie est informée par sa banque que le procureur fédéral suisse a pris le 25 mai 2011 une ordonnance de séquestre de ses avoirs dans le cadre d’une procédure pénale instruite contre elle pour «blanchiment d’argent» sur saisine du procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan. Certainement parce qu’elle a été ministre dans le gouvernement Aké N’Gbo après les élections de 2010. Après sa requête introduite le 10 février 2012, Boni Claverie est retirée de la liste des personnalités interdites de séjour dans l’Union européenne qui avait également gelé les avoirs de certains pro-Gbagbo.

Des fonds issus d’un héritage

En outre, le 29 novembre 2012, elle est informée par sa banque que le procureur fédéral suisse a ordonnée le 22 novembre 2012 le dégel de ses avoirs. Le 5 novembre 2013, sa banque lui notifiera formellement par courrier puis une correspondance en date du 2 décembre 2013 l’informant de la levée de l’ordonnance de séquestre de ses avoirs par le procureur fédéral suisse le 19 novembre 2013. Une ordonnance dans laquelle, le procureur fédéral suisse reconnait «que les avoirs déposés en Suisse proviendraient de l’héritage consécutif au décès de son mari, respectivement à l’activité professionnelle du couple» et «qu’il convient de conclure qu’une origine criminelle des avoirs, plus particulièrement un lien entre les fonds détenus en Suisse par Danièle Boni Claverie et les activités ministérielles susmentionnés en République de Côte d’Ivoire n’ont pas été établis».

En conséquence, Danièle Boni Claverie «s’insurge avec la plus grande indignation contre les insinuations malveillantes et diffamatoires» qui sont de nature à jeter le «discrédit» sur elle.

Anderson Diédri

 

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Burkina Faso : pourquoi Ouattara et Soro s’agitent-ils ? [par Théophile Kouamouo] http://nouveaucourrier.net/burkina-faso-pourquoi-ouattara-et-soro-sagitent-ils-par-theophile-kouamouo/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=burkina-faso-pourquoi-ouattara-et-soro-sagitent-ils-par-theophile-kouamouo http://nouveaucourrier.net/burkina-faso-pourquoi-ouattara-et-soro-sagitent-ils-par-theophile-kouamouo/#comments Sun, 19 Jan 2014 18:31:17 +0000 http://nouveaucourrier.net/?p=9532 Guillaume Soro est allé à Ouaga soutenir son "parrain" aux frais du contribuable.

Guillaume Soro est allé à Ouaga soutenir son « parrain » aux frais du contribuable.

Le sentez-vous, ce vent de panique ? Depuis l’annonce, il y a une dizaine de jours, de la démission collective de plusieurs membres éminents du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti du numéro un burkinabé Blaise Compaoré, les principales figures du régime Ouattara donnent l’impression que la seule idée de voir celui qui règne sur Ouagadougou depuis bientôt 27 ans à la retraite leur fait perdre tout sang-froid et les pousse à douter de leur propre avenir politique. Contre tout bon sens, Guillaume Soro, Hamed Bakayoko et Ibrahim Ouattara dit « Photocopie », ont accouru à Ouaga pour apporter, aux frais du contribuable ivoirien, un soutien dégoulinant de flagornerie au tombeur de Thomas Sankara dans ce qui relève pour le moins d’un conflit interne à une association privée (le CDP).

Quel est leur problème ? Pourquoi s’agitent-ils tant ?

D’une certaine manière, en accompagnant avec force mercenaires et kalachnikovs, la prise de pouvoir sanglante d’Alassane Ouattara, Blaise Compaoré signait son « arrêt de mort ». Ne s’en est-il  pas rendu compte ? Dès lors qu’à Abidjan, cœur battant de l’influence hexagonale en Afrique de l’Ouest, avait été « reconquis » et qu’un homme conforme aux vœux de Paris avait été installé au Palais présidentiel du Plateau, son « utilité systémique » diminuait singulièrement. Certes, le « beau Blaise » peut toujours servir dans le cadre de l’action difficilement déchiffrable de la France au Mali et dans le Sahel. Mais il est moins central dans le « dispositif » qu’à l’époque où le « grand méchant Gbagbo » était au pouvoir et qu’il fallait tout faire pour s’en débarrasser, avec l’aide irremplaçable du Burkina Faso…

Ouattara est au pouvoir à Abidjan, Soro est le numéro deux de l’Etat ivoirien, Gbagbo est à La Haye. Au fond, et très cyniquement, les actuels dirigeants de la Côte d’Ivoire ont-ils toujours besoin que le plus grand commun déstabilisateur de l’Afrique de l’Ouest soit aux affaires à Ouaga au point de remuer ciel et terre pour faire « entendre raison » à ses adversaires internes ? A première vue, cet excès de zèle est curieux. Plusieurs hypothèses sont toutefois à étudier.

-          Et si Ouattara soutenait Compaoré comme la corde soutient le pendu ? C’est bien connu : « cohabiter » avec des personnes dont on se sent « redevable », surtout quand on a soif de « s’affirmer » peut s’avérer difficile. Le natif de Ziniaré « out », il semble évident que l’ancien élève du lycée Zinda Kaboré de Ouagadougou devenu chef de l’Etat en Côte d’Ivoire prendrait, dans le « système françafricain », une importance plus grande. Cela dit, Ouattara peut aussi considérer qu’il continue de dépendre de Compaoré, notamment en ce qui concerne la livraison de matériel militaire hors embargo et/ou de mercenaires affectés – en tout cas jusqu’à un passé récent – à sa garde rapprochée.

-          Et si c’était finalement Guillaume Soro qui avait le plus à gagner dans le maintien au pouvoir de Blaise Compaoré, qu’il présente volontiers comme son « mentor » ? Il est probable que l’équilibre des relations pas toujours très claires entre Ouattara et son « dauphin constitutionnel » ait besoin de l’entregent du maître de Ouaga pour ne pas sombre dans la franche adversité. Il ne faut pas oublier que, même quand Ouattara semblait convaincu que Soro le « trahissait » avec Gbagbo, notamment à la faveur du « dialogue direct », Compaoré continuait de le « couver ». Soro espère aussi, sans doute, prendre le pouvoir dans un avenir proche avec l’aide du « mentor »…

-          Et si, au-delà de ce type de calculs d’ordre politicien, c’était la perspective d’un grand déballage du misérable tas de secrets liés à la rébellion ivoirienne et aux nombreux crimes économiques qui l’ont émaillée qui angoissait les tenants du pouvoir à Abidjan ? Un fin observateur de la scène politique et diplomatique ouest-africaine, le militant de gauche Guillaume Tene Sop, note ainsi que Salif Diallo, ancienne âme damnée du régime désormais passé à la dissidence, avait dans sa gibecière de souvenirs de quoi faire trembler à la fois Ouaga et Abidjan. « Pourquoi Soro court-il à Ouaga et parle de « médiation » dès que Salif Diallo démissionne du CDP ? De quoi a-t-il peur ? Pour la petite histoire, la ‘Mercedes noire’ c’est Salif Diallo. Le 19 septembre 2002 en Côte d’Ivoire, c’est Salif Diallo, le MPCI, c’est Salif Diallo, la prise de Bouaké c’est Salif Diallo, les armes du MPCI c’est Salif Diallo… Et si Salif Diallo se mettait à table ? Il faut protéger le citoyen Salif… Il est en danger », s’interrogeait-il récemment. Lessiveuse d’argent sale, abri de mercenaires et de comploteurs de tout poil, relais de la contrebande du cacao ivoirien, la capitale burkinabè a été témoin de maints épisodes cachés de l’histoire récente. En cas de divorce au CDP, les « docs » se retrouveront-ils sur la place publique ?

L’attitude de la France de François Hollande face au « cas Compaoré » sera en tout cas très intéressante à observer. Jouera-t-elle la carte d’un « Macky Sall » local, et du changement dans la continuité, en soutenant un homme du sérail pour mieux contrer la vraie opposition, notamment sankariste ? Affectera-t-elle la « non-ingérence » tout en appuyant discrètement un Compaoré qui sait se montrer utile ? Soutiendra-t-elle sans arrières-pensées le mouvement démocratique ? Qui vivra verra.

Théophile Kouamouo

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Soro et Ouattara à la rescousse du régime Compaoré – Pourquoi cette « médiation ivoirienne » est un scandale http://nouveaucourrier.net/soro-et-ouattara-a-la-rescousse-du-regime-compaore-pourquoi-cette-mediation-ivoirienne-est-un-scandale/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=soro-et-ouattara-a-la-rescousse-du-regime-compaore-pourquoi-cette-mediation-ivoirienne-est-un-scandale http://nouveaucourrier.net/soro-et-ouattara-a-la-rescousse-du-regime-compaore-pourquoi-cette-mediation-ivoirienne-est-un-scandale/#comments Fri, 10 Jan 2014 19:58:09 +0000 http://nouveaucourrier.net/?p=9516 Guillaume Soro est allé à Ouaga soutenir son "parrain" aux frais du contribuable.

Guillaume Soro est allé à Ouaga soutenir son « parrain » aux frais du contribuable.

Jusqu’où les dirigeants actuels iront-ils dans la confusion des genres entre les problèmes de leurs coteries et clubs d’amis et  les questions qui relèvent des prérogatives de l’Etat qu’ils sont censés représenter ? Pris de panique depuis que le parti de Blaise Compaoré, l’hôte de la rébellion armée qui a déstabilisé la Côte d’Ivoire pendant près de dix ans, est menacé d’implosion, Alassane Ouattara et son entourage perdent la raison et engagent l’Etat ivoirien dans une affaire à laquelle il ne doit et peut être mêlé.

La lecture du quotidien Le Patriote, dans son édition de mercredi dernier, n’a pu que laisser pantois les observateurs les plus lucides. « Le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), parti au pouvoir au Burkina Faso, est actuellement secoué par une crise. Plus d’une soixantaine de ses cadres ont claqué la porte. Le parti du président Blaise Compaoré, même s’il n’est pas totalement ébranlé, est dans la tourmente. C’est donc dans ce cadre que le président de la République a dépêché hier une délégation de haut niveau pour exprimer toute sa solidarité et son soutien à son ami et frère le président Blaise Compaoré. La délégation ivoirienne, composée du président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Hamed Bakayoko et du ministre chargé des Affaires présidentielles, Ibrahim Ouattara, a été reçue hier par le président du Burkina Faso en fin de soirée. A l’issue de leur entrevue avec le président du Faso, Guillaume Soro, porte-parole de la délégation, a expliqué que la délégation dépêchée à Ouaga est porteuse d’un message du président Ouattara au président Compaoré », écrit Jean-Claude Coulibaly, se fondant sur un communiqué de la présidence du Faso.

L’esprit de la Constitution ivoirienne piétiné

De son côté, RFI nous apprend que Soro a été dépêché à Ouaga pour une « médiation » entre « les dissidents et leurs anciens camarades du parti au pouvoir ». Le second personnage de l’Etat (Soro), la seconde personnalité du gouvernement (Bakayoko), et le trésorier de la présidence et du RDR, parti ouattariste, sont officiellement envoyés dans un pays étranger pour régler, ès qualités, des querelles dans un parti politique étranger. Devons-nous rappeler aux sommités qui nous dirigent que le CDP (parti de Blaise Compaoré) est une association privée étrangère qui ne peut être, d’aucune manière, rattachée à la diplomatie de l’Etat de Côte d’Ivoire ? Au nom de quoi le contribuable ivoirien doit-il financer l’entretien des bonnes relations et les retours d’ascenseur entre Alassane Ouattara et Blaise Compaoré ? Il faut savoir que la Constitution ivoirienne fait du président de la République un homme au-dessus des partis, y compris des partis ivoiriens, y compris de son propre parti, qu’il n’a d’ailleurs pas le droit de diriger, comme l’indique l’article 54 de la Constitution.

Comble du ridicule, Alassane Ouattara se fait – de plus – le chantre de l’unité d’un parti au pouvoir, alors que ses amis politiques étaient, il y a exactement vingt ans, les « dissidents » qui ont coupé en deux le PDCI, parti de Félix Houphouët-Boigny. Avant de couper en deux la Côte d’Ivoire, pourraient ajouter les langues malicieuses.

Philippe Brou

 

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Affaire « un témoin du massacre de Nahibly assassiné par les FRCI » – Comment RFI tente de noyer le poisson http://nouveaucourrier.net/affaire-un-temoin-du-massacre-de-nahibly-assassine-par-les-frci-comment-rfi-tente-de-noyer-le-poisson/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=affaire-un-temoin-du-massacre-de-nahibly-assassine-par-les-frci-comment-rfi-tente-de-noyer-le-poisson http://nouveaucourrier.net/affaire-un-temoin-du-massacre-de-nahibly-assassine-par-les-frci-comment-rfi-tente-de-noyer-le-poisson/#comments Tue, 07 Jan 2014 18:07:15 +0000 http://nouveaucourrier.net/?p=9506

Se décidant enfin à relayer la scandaleuse exécution d’un témoin-clé du massacre de Nahibly, la radio française de service public à destination de l’étranger vient subtilement en soutien au régime Ouattara, l’aidant par avance à préparer sa défense. Explications.

Les proches d'Alex Gnonsian, assassiné par les FRCI, crient leur dépit vis-à-vis de l'ONUCI.

Les proches d’Alex Gnonsian, assassiné par les FRCI, crient leur dépit vis-à-vis de l’ONUCI.

A priori, c’était une assez bonne nouvelle. Après avoir « fait les morts » pendant une semaine suite à l’exécution de Alex Saint-Joël Gnonsian, témoin-clé du massacre qui a frappé les déplacés du camp de Nahibly (Duékoué), en juillet 2012, les journalistes de ce qu’il est convenu d’appeler « la presse internationale » semblaient se réveiller avec un « papier » de RFI consacré à ce sujet. Malheureusement, il est très vite apparu à maints observateurs que « la radio mondiale » ne faisait que prendre la suite des révélations du Nouveau Courrier notamment sur cette affaire sordide qui montre la lâcheté d’un grand nombre d’acteurs, tout en tentant de créer la diversion quant à la personnalité du jeune infortuné qui a été cyniquement abattu par la soldatesque d’Alassane Ouattara alors que le monde entier préparait la Saint-Sylvestre.

La présomption d’innocence foulée aux pieds

Nahibly : la honte de la communauté internationale.

Nahibly : la honte de la communauté internationale.

Au lieu d’axer ses investigations sur le sujet en lui-même, de recueillir clairement les témoignages des parties en présence – FRCI, famille de la victime, ONG, etc –  et de confronter leurs différentes versions en se servant de son bon sens, l’envoyée spéciale de RFI viole ouvertement – et très cyniquement – une des règles de base du journalisme et du droit, la présomption d’innocence, en prenant sur elle d’affirmer, en l’absence de tout procès et de tout flagrant délit, sans le moindre conditionnel et sans citer le moindre élément probant, que le jeune Alex Saint-Joël était « un braqueur », tout en n’omettant pas de glisser qu’il portait, le jour de sa mort, des vêtements de « marque ».

En s’affranchissant ainsi de la déontologie du métier, la journaliste de RFI savait qu’elle s’exposait à un procès pour « diffamation ». Mais elle l’a tout de même fait, pour des raisons qui lui sont propres. Et, ce faisant, elle crée une affaire dans l’affaire : on ne parle plus que du meurtre d’un témoin-clé d’un massacre commis contre des populations se trouvant sous la protection de l’ONU, mais on suppute également sur la moralité de ce témoin. Et donc sur les motivations même de ses assassins. On fait remonter à la surface la thèse de la « bavure », qui ne tient pourtant pas si les différents éléments du puzzle sont froidement assemblés.

Le précédent de l’affaire Mahé

La description d’une victime d’un meurtre de sang-froid en criminel dont l’exécution peut plus ou moins se comprendre n’est pas un procédé nouveau dans l’histoire des exactions contre les populations de l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Le dernier développement de l’affaire « Nahibly » fait irrésistiblement penser à l’affaire « Firmin Mahé ». Tué comme un chien le 31 mai 2005 par des militaires français de l’Opération Licorne qui se prenaient pour des shérifs, encouragés par leur chef, le général Henri Poncet, le jeune Firmin Mahé est décrit dans les médias hexagonaux puis lors du procès de ceux qui ont mis fin à ses jours – et n’ont toujours pas remis sa dépouille à sa famille près de neuf ans plus tard – comme un « coupeur de routes » et un « braqueur ». Au final, c’est grâce à cette thèse martelée ad nauseum que ses assassins, jugés aux Assises à Paris, s’en sortiront avec des peines de prison avec sursis, ce qui fera dire à l’association Survie que l’armée française avait un « permis de tuer » en Afrique.

Une chose est sûre : des témoignages concordants font état de ce que Alex Saint-Joël Gnonsian était en contact continu avec des ONG internationales de défense des droits de l’Homme, qui l’aidaient financièrement et qui avaient promis de le protéger. Ces associations qui ont pignon sur rue soutenaient-elles donc un braqueur reconnu ? La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), qui suivait l’affaire jusqu’à présent, reste silencieuse. Pourquoi ne proteste-t-elle pas avec véhémence contre l’assassinat de sa « source » ? Il faut voir qu’en mars dernier, la même FIDH se fendait d’un communiqué saluant « les avancées » dans l’affaire du camp de Nahibly. Douloureux retour à la réalité ! Jusqu’à quand ceux qui se veulent les consciences de notre temps tenteront-ils le grand écart consistant à refuser de dénoncer frontalement la dictature pro-occidentale qui sévit à Abidjan tout en critiquant ses exactions trop visibles… sans pour autant lier ces exactions au chef de l’Etat en exercice, qui doit absolument rester « fréquentable » puisque les grands de ce monde l’ont décidé ?

Philippe Brou

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Découverte de fosses communes à Duékoué – Des proches du témoin assassiné chargent l’ONUCI http://nouveaucourrier.net/decouverte-de-fosses-communes-a-duekoue-des-proches-du-temoin-assassine-chargent-lonuci/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=decouverte-de-fosses-communes-a-duekoue-des-proches-du-temoin-assassine-chargent-lonuci http://nouveaucourrier.net/decouverte-de-fosses-communes-a-duekoue-des-proches-du-temoin-assassine-chargent-lonuci/#comments Sun, 05 Jan 2014 01:28:50 +0000 http://nouveaucourrier.net/?p=9500 Rescapé, mais surtout témoin clé du massacre de Nahibly, Alex Saint-Joël Gnonsian, a été exécuté, dans la nuit du 30 au 31 décembre 2013, par des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci). Après publication par Le Nouveau Courrier, hier, de cette information, ses proches chargent.

Les proches d'Alex Gnonsian, assassiné par les FRCI, crient leur dépit vis-à-vis de l'ONUCI.

Les proches d’Alex Gnonsian, assassiné par les FRCI, crient leur dépit vis-à-vis de l’ONUCI.

«Lorsque les hommes de Konda (Koné Daouda, ex-commandant des Frci de Duékoué) tentaient de dissimiler les traces des victimes qu’ils ont exécuté sur le site de Nahibly, avec l’appui des dozos et des militants Rdr, au moment où l’Onuci, avec Bert Koenders, certaines organisations de défense des droits de l’homme, et l’ambassadeur des Etats-Unis en Côte d’Ivoire de l’époque, Carter III, mettaient la pression pour que la lumière soit faite, nous avons déconseillé à certains de nos proches de témoigner. Des journalistes étrangers sont venus avec l’Onuci nous assurer que nous ne risquions rien. Des démarches ont été menées à plusieurs reprises à notre endroit mais nous sommes restés méfiants eu égard à l’impunité dont jouissent nos bourreaux depuis les différentes crises qui ébranlent notre région», a indiqué d’entré de jeu, sous le couvert de l’anonymat, un des encadreurs des victimes de Nahibly avant d’établir le contact entre Le Nouveau Courrier et un proche de Alex Saint-Joël Gnonsian, assassiné seulement quelques semaines après avoir révélé les traces des cruautés perpétrées par les hommes du lieutenant Konda.

«Il nous avait rassuré que l’Onuci, en même temps qu’elle veillerait sur les sites où se trouvent les fosses communes, prendrait des mesures sécuritaires pour le mettre à l’abri de la foudre des Frci et des dozos. C’est d’ailleurs cela qui l’a motivé à s’engager dans le combat pour l’éclatement de la vérité pour que cessent les atrocités sur de nombreux jeunes Wê qui sont pris pour cible parce qu’assimilés à des miliciens pro-Gbagbo ou à des coupeurs de route», révèle le proche parent de Gnonsian. Le témoignage de ce dernier avait permis la découverte de 10 puits contenant des corps des réfugiés du camp de Nahibly, exécutés sommairement, au quartier Toguéhi, à Duékoué.

Selon le proche du témoin, après la découverte des fosses communes sur lesquelles veillent désormais des éléments des casques bleus de l’Onuci, le contact avec le principal témoin n’a duré qu’une dizaine de jours. Les responsables militaires de l’Opération des Nations-Unies, à Duékoué, dont la présence auprès des diplomates et des organisations de défense des droits de l’homme rassurait quant à une éventuelle disposition sécuritaire, poursuit notre source, se sont rebiffés. Alex Gnonsian ne bénéficiait plus d’attentions de la part de ceux qui lui avait fait la promesse de l’assister sur le plan sécuritaire. Alors qu’il était clairement identifié par des éléments FRCI aux projets lugubres à son encontre, poursuivent ses proches, que ses mouvements étaient suivis de très près et qu’il ne faisait que recevoir, d’après ce qu’il a confié à ses proches, des menaces de mort. Ce qui l’a d’ailleurs amené à vivre caché jusqu’au 30 décembre, date à laquelle il a été pris par les FRCI sous le fallacieux prétexte qu’il gardait des armes par devers lui. Les heures qui ont suivies ont été fatales pour lui.

Les parents de Saint-Joël Gnonsian réclament une autopsie avant une quelconque inhumation.

Dans le souci de recueillir sa version, Le Nouveau Courrier a tenté d’entrer en contact avec l’Onuci, par l’intermédiaire de son porte-parole Kaddidia Ledron vers qui il a été orienté, dans l’après-midi du jeudi 2 janvier. Malgré plusieurs tentatives de l’avoir au bout du fil, l’appel de la rédaction n’a pu obtenir un écho favorable.

 Saint-Claver Oula

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Massacres de Nahibly (Duékoué) – Un témoin gênant exécuté par les FRCI – La responsabilité de la FIDH engagée http://nouveaucourrier.net/massacres-de-nahibly-duekoue-un-temoin-genant-execute-par-les-frci-la-responsabilite-de-la-fidh-engagee/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=massacres-de-nahibly-duekoue-un-temoin-genant-execute-par-les-frci-la-responsabilite-de-la-fidh-engagee http://nouveaucourrier.net/massacres-de-nahibly-duekoue-un-temoin-genant-execute-par-les-frci-la-responsabilite-de-la-fidh-engagee/#comments Fri, 03 Jan 2014 18:17:19 +0000 http://nouveaucourrier.net/?p=9494 Alex Saint-Joël Gnonsian, rescapé des tueries massives de Nahibly (Duekoué), également témoin compromettant pour les hommes du régime impliqués dans cette affaire a été cruellement tué dans nuit du 30 au 31 décembre 2013.

L'infortuné Alex Gnonsian abandonné par les ONG de défense des droits de l'Homme et assassiné.

L’infortuné Alex Gnonsian abandonné par les ONG de défense des droits de l’Homme et assassiné.

Dans la nuit du 30 au 31 décembre 2013, Alex Saint-Joël Gnonsian, rescapé des exécutions sommaires des déplacés du camp de Nahibly à Duekoué, mais qui avait surtout, grâce à son témoignage, permis la découverte de 10 puits contenant des corps au quartier Toguéhi a été tué par les FRCI qui le traquaient depuis lors. En effet, après l’avoir capturé après plusieurs mois de poursuite, et pour justifier l’injustifiable, des soldats des FRCI ont fait croire que le jeune homme âgé d’environ 25 ans avait une cache d’armes (la même rengaine) qu’il devait les conduire à découvrir au cimetière du village de Dahoua. Une fois sur les lieux, ont confié au Nouveau Courrier des sources militaires, une balle a été tirée dans son tibia. Puis il a été asphyxié avec un sachet en plastique.

Pour camoufler la forfaiture, les auteurs du crime tentent de faire croire que le jeune Gnonsian tentait de s’enfuir dans le noir à l’occasion de cette interpellation. Il est conduit tout agonisant à l’hôpital. Mais il succombe cette nuit même avant d’y arriver. Le corps est toujours à morgue. Ses parents demandent pour leur part une autopsie car les FRCI tentent de faire croire qu’il est décédé à la suite de la balle reçue dans le pied. Actuellement, c’est la tristesse et la consternation dans la ville.

Tué sur ordre du Lieutenant Konda ?

Selon les informations recueillies, le Lieutenant Koné Daouda alias Konda aujourd’hui membre du Centre de coordination des décisions opérationnelles (CCDO) à Abidjan, anciennement commandant FRCI de Duekoué au moment des massacres de Nahibly, n’est pas étranger à ce drame. Lui qui depuis le témoignage de l’infortuné l’incriminant veut vaille que vaille en finir avec lui, selon des témoignages recueillis sur place. Le Lt Konda aurait même a confié à ses proches qu’il se rendrait à Duekoué dans les jours à venir avec une unité du CCDO. Certainement pour féliciter ses hommes d’avoir éliminé ce témoin oculaire encombrant.

Alex Gnonsian n’a pas protégé par les Ong de droits de l’homme…

L'ONU une fois de plus aux abonnés absents.

L’ONU une fois de plus aux abonnés absents.

Alex Gnonsian avait en effet permis la découverte de six corps en état de putréfaction dans un puits à Duékoué le 11 octobre 2012, précisément au quartier Toguéhi en présence de membres de la Fédération internationale des droits humains (FIDH), du procureur de la République de Man, de l’Onuci et du commissaire de Duekoué. Des puits au nombre de 10 contenant des corps (non encore découverts, les fouilles ayant été suspendues pour les 9 autres puits) qui sont surveillés par l’Onuci depuis leur découverte. Alex Gnonsian avait donné tous les détails et des noms des auteurs et avait indiqué avoir fait le mort pour échapper lui-même à la mort ce jour.  Citant nommément le Lt Konda comme le principal artisan du massacre.

Malheureusement, Alex Gnonsian n’a pas bénéficié de la protection des Ong de défense des droits de l’homme, notamment de la FIDH, particulièrement impliquée sur ce dossier, encore moins du gouvernement. Il était donc livré à merci des hommes de régime qui n’ont cessé de le traquer. Ainsi, les hommes de main du Lt Konda restés sur place, avec à leur tête le chef des FRCI de Guezon, ont mis aux arrêts le jeune homme ce 30 décembre aux alentours de  13 heures. Pour protester contre cette forfaiture, la population s’est déportée au camp FRCI pour réclamer sa libération. Policiers et gendarmes en provenance de Duekoué en ont dissuadé la population et il a finalement été transféré à Duekoué avant d’être froidement assassiné. Trois autres jeunes gens, arrêtés au même moment que lui, sont toujours portés disparus.

Témoignage du défunt lors de la découverte des puits :

«Nous avons été transportés jusqu’à l’usine de traitement d’eau de la Sodeci par les gardes du corps du commandant des FRCI Konda. Il s’agit du caporal alors chef de sécurité des de Konda, du caporal Ben qui est au CCDO maintenant, du caporal Tout petit. Arrivés sur place, les militaires ont demandé aux dozos de leur montrer un puits perdu. Le dozo a montré le puits perdu, nous avons été alignés sur les bords, nous étions 7, ils ont ouvert le feu et je me suis jeté dans le puits faisant le mort. Quand ils sont partis, je suis sorti du puits pour me cacher dans la brousse. De là, je voyais les aller et venues des hommes de Konda ; lui-même est venu à bord de sa voiture. Plusieurs corps ont été jetés dans les puits environnants. 10 puits ont été répertoriés et l’Onuci garde l’endroit depuis octobre 2012. Je souhaite que justice se fasse, c’est pourquoi j’ai décidé de montrer ces puits où mes amis d’infortune de Nahibly sont enterrés».

Benjamin Silué    

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